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Canon a dit : Plus de Pixels !!!!

Dis donc est ce que ça ne commencerait pas un peu à chauffer à l’approche de l’IBC? Le salon européen de l’audiovisuel ouvre ses portes cette semaine (et j’y serais), et les annonces commencent déjà à apparaître ici et là.

Et du coup Canon est arrivé avec ses gros sabots et a dit grosso modo « J’en veux toujours plus! »

En avril, la C300 MarkII avait marqué la mort de la C500 première du nom. Aussi afin d’avoir enfin une gamme cinéma cohérente, c’est une nouvelle caméra 8K (qui ne s’appelle pas C500) qui vient prendre sa place. Elle sera équipée d’un capteur CMOS Super35mm d’ »approximativement 35,39 pixels effectifs » (à noter qu’une approximation au centième ça envoie quand même du paté), une résolution de 8192 x 4320, une cadence maximale à 60ips et 13 stops de dynamique. Aucune information n’a été donnée sur le codec. Et pour faire bien sur la caméra, et puisque celle ci utilise sans surprise les montures EF comme standard, Canon en a profité pour concrétiser son concept d’optique 8K. Un bon gros bébé de la taille d’un cachalot qui va de 19,7mm à 138mm en ouverture constante à F/2.8 au format Super35.

Pour faire bien, cette fois-ci à côté de la caméra, Canon développe aussi un moniteur de référence 8K. Si le moniteur 4K était (très) beau à regarder, l’homogénéité et la fiabilité de sa dalle était pourtant elles à revoir. Espérons donc que Canon fasse un peu mieux dans ce milieu qu’elle ne maîtrise pas.

La seconde annonce de Canon concerne le développement d’un nouveau réflex dont la résolution de capteur atteindrait les 120MP. On sait aussi que Canon vient de produire un capteur APS-H de 250MP destiné à des applications technologiques et industriels (coucou la Nasa). Si la nouvelle est la bienvenue et risque définitivement de donner du fil à retordre aux onéreux capteurs Moyen Format, elle est aussi à mettre en différentes perspectives. Plus de pixels ne signifie pas obligatoirement une qualité accrue. Le traitement derrière doit suivre et si je ne me fais pas de soucis quant à la capacité de Canon à réaliser le nécessaire j’aurais aimé qu’au lieu de cette orgie de pixels Canon réfléchisse d’abord à la dynamique de ses images (que l’on vienne enfin chatouiller PhaseOne et Mamiya), et ensuite à la réinvention ergonomique de ses boîtiers pas toujours très efficaces.

Si rien n’est encore officiel, ce nouvel appareil EOS pourrait être doté d’une toute nouvelle technologie visant à analyser et restituer des textures spécifiques d’images. En effet Canon dans un communiqué a annoncé le développement d’une technologie transformant les textures en informations. Que votre surface soit brillante, mat, rugueuse, ou polie, cette technologie, qui s’intègrerait dans des capteurs numériques, permettrait ainsi d’imprimer par la suite de manière fidèle les sensations d’un original. Ainsi à titre d’exemple Canon propose aux musées de mettre bien au chaud leurs oeuvres et d’exposer des copies réalisées avec quoi je vous prie ? Des imprimantes Canon. Evidemment.

Il n’y a pas à dire, ce type d’annonces à de quoi impressionner. Mais elle relance aussi un débat, usant et vain, sur la course à la résolution. Que ce soit en photo ou en vidéo, ces dernières nous ont montré les problématiques que soulevaient le passage à la FullHD, puis au 4K. Doubler les pixels, c’est beau, mais il faut que le matériel suive derrière. D’abord les supports d’enregistrement, que ce soit les cartes SD, XQD, ou SSD ; puis le hardware qui traite l’image, mais aussi et surtout le stockage des données. Or si les supports d’enregistrement évoluent plutôt bien avec les besoins d’écriture en débit, ce n’est pas encore tout à fait le cas des hardwares et du stockage. Bien sûr les ordinateurs sont toujours plus performants, et le stockage devient de plus en plus capacitif, mais cette évolution n’est pas aussi rapide que l’on voudrait nous le faire croire. Et surtout les prix de chutent pas non plus rapidement. L’investissement pour la captation et le traitement de ces images sera lourd et, de manière évidente, réservée à des structures solides.

Qu’en est-il de la diffusion? Alors que le 4K frappe timidement aux portes des foyers (c’est la crise ma pauvre Lucette), on voudrait nous vendre des BluRay Ultra-HD et des AppleTV/Netflix 4K. Le marché des TV UHD ne se porte pas si bien que cela et la diffusion de contenus pose encore problème. Même constat du côté du cinéma, les DCP 4K sont réservés à queques salles équipées. Pourquoi aurions nous besoin de 8K quand le 4K est à peine une réalité?

La réponse est simple (et éminement discutable). La sensation d’apport en définition qu’offre du 8K ramené en 4K est nettement perceptible quoiqu’on en dise. C’est comme dire « Quel est l’intérêt du 35mm face à une pellicule 16mm? ». La définition ne trouve pas son intérêt que dans « prévoir le futur » ou « pouvoir zoomer dans l’image à volonté ». Elle permet aussi une plus grande finesse de travail. Le travail des couleurs, des effets spéciaux, ou simplement la finesse des textures de l’image (profondeur de champ, bokeh, bruit numérique…) peuvent jouir de ce gain de définition lors ce que l’on vient à essayer de les maîtriser avec précision.

Mais cela implique certes de refaire son oeil sur de nouveaux types d’images, quand le notre n’a pas eu le temps de s’adapter au 4K. Signe qu’il est peut-être temps de ralentir la course aux performances pour se concentrer sur l’harmonisation des détails qui font d’une caméra un outil de travail et non une vitrine technologique.

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