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[NAB 2014 – Chapitre 01] Sony présente l’Alpha 7s un monstre de sensibilité.

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Je suis coincé dans l’aéroport de San Francisco. Après 10h dans un A380 à me morfondre sur l’ensemble de mes caméras parties voyager en soute suite à un malheureux surplus de bagages, je suis là et j’attends. Mes caméras sont parties sans moi à Los Angeles; j’ai loupé la correspondance. 3 agents de douane pour tout un A380, ça donne une heure et demie de queue à l’immigration américaine. On me l’avait dit : on ne plaisante pas avec les douaniers. J’ai tenté. Je confirme. Il ne faut pas. Ces mecs là doivent être les gars les moins funs de toute l’Amérique.

Me voilà donc coincé, à redoubler d’angoisse pour mes caméras qui vont tourner toutes seules pendant deux heures sur un tapis roulant à Los Angeles, pendant que moi j’attends la prochaine navette Delta disponible. Le NAB approche, les premières rumeurs à forte probabilité tombent, quelques textos arrivent. Mais c’est surtout du prochain boîtier SONY dont on a le plus de nouvelles. On parle d’un boîtier full-frame, hybride, capable de filmer en 4K.

Ce ne sera que dimanche après midi, 3 pm heure locale que l’annonce sera officielle. Depuis la chambre d’hôtel, après un road trip de nuit avec Emmanuel entre Los Angeles et Vegas et une petite nuit de sommeil, nous suivons la conférence en direct. On ne sait pas comment ils se sont débrouillés chez SONY mais la retransmission son est horrible. Un écho vient parasiter le tout pendant de longues minutes.

Notez que ça n’a pas beaucoup d’importance, le début des conférences c’est surtout : « Regardez comme on est beaux, comme on est fort, on surfe sur le succès, on est fun et dynamiques » C’est une stratégie marketing qui me fait penser à la mécanique bien huilée des keynotes d’Apple. Une sorte de discours que toutes les compagnies, même les plus petites, semble vouloir copier sans comprendre que personne n’est réellement dupe face à cette vaste séance d’auto-congratulation.

 

Il arrive comme ça, à la fin, de manière quasi-anecdotique, cet Alpha7s. Un peu comme un « Au fait ». Est-ce une manière pour SONY de ne pas donner trop d’importance à l’A7s face à un marché de professionnels, de peur que ça vienne biaiser les ventes des excellentes F5 et F55? Il faut dire qu’il n’est pas dénué d’intérêt le petit boîtier. Boîtier hybride Full-frame, spécialisé vidéo avec le 4K en bonus. Rien que ça, c’est déjà intéressant. Alors quand on nous annonce une plage de sensibilité extraordinaire et une dynamique d’image monstrueuse (le S signifie Sensibilité et non Speed), le boîtier s’annonce comme un futur must.

L’Alpha 7S présente une gamme de sensibilité allant de 50 à 409600 ISO, et est accompagné d’une dynamique d’image apparemment sans précédent (aucune information pour un chiffre plus précis). Il est doté d’un capteur Exmor CMOS plein format de 12,2 Mpixels. Le nombre réduit de pixels implique des photosites de grande taille, une manière de mieux capter la lumière sans forcément biaiser la qualité vidéo. Un trop grand nombre de pixels peut créer à terme des effets d’aliasing et de moiré à outrance. Ici, le processeur BionZ X viendra traiter tout ce signal, et présente en bonus, la particularité de venir limiter encore plus cet effet d’aliasing et de moiré, problème récurrent des photocams, particulièrement des plein formats. Tout cela combiné permet d’aller pêcher des plans en conditions de très faibles luminosités et gagner légèrement du détail en augmentant la vitesse d’obturation et en fermant légèrement le diaphragme, sans récupérer trop de bruit numérique. Si vous avez quelqu’un qui court en pleine nuit, cela vous sera sans doute très utile.

Le boîtier possède une monture E, dont la gamme proposée par Sony commence à s’étoffer un peu. Avantage indéniable, le nombre de bagues d’adaptations existantes vous permettront d’adapter tout et n’importe quoi, y compris des objectifs EF, avec possibilité de garder le contrôle électronique de l’iris. Un mode crop, lors d’un enregistrement en Full-HD, ne permettrait de garder que la zone utile de l’image (soit 1920×1080 pixels avec un crop factor de 2) et rendrait aussi l’usage d’objectifs Super35 et APS-C compatibles avec le boîtier.

Au niveau des réglages, on retrouve des paramètres colorimétries avancés, dont le fameux SLog2 déjà incorporé à la FS700, F5 et F55, qui permet d’adopter un gamma plus doux, et ainsi conserver des détails dans votre image, avant étalonnage. Le boîtier promet aussi d’être réactif avec 25 points de mesure Autofocus à détection de contraste, avec en outre du répondant en basse lumières (Performant jusqu’à -4EV).

À l’écran, les premières vidéos de présentations sont plutôt alléchantes. Adopter la stratégie de la sensibilité plutôt que de celle de la course aux pixels est une stratégie fine de la part de SONY. Elle est une problématique en demie-teinte, qui peine à se faire entendre. Le manque de sensibilité en basses lumières est une problématique récurrente lorsque l’on parle de prendre autre chose qu’un 5D Mark III. Une idée reçue qui commence à s’estomper avec les formidables performances du GH4, mais clairement l’offre ne ressemble en rien à une corne d’abondance.

C’est qu’il commence à me faire envie ce petit boîtier. La conférence est finie, mais sur mon plumard, même si je n’ai jamais été fan du form factor des Alpha7 (ils ne tiennent pas en main pour de la vidéo), j’imagine déjà les possibilités de pouvoir filmer en 4K à de si petites luminosités. C’était sans compter la petite faille, qui tombe lors de la publication des spécifications, quelque minutes plus tard. L’A7s n’enregistre pas de 4K en interne ; il n’en fera que par l’intermédiaire d’un enregistreur externe branché sur la prise HDMI 4:2:2 8 bit du boîtier. À noter que ce 4K est en réalité qu’un QuadHD, rien à voir avec la norme DCI dont le GH4 est, lui, équipé. En interne, on plafonnera en Full-HD 1080p au format XAVC-S 50Mbit. Et comme si ça ne suffisait pas, l’appareil sera zoné avec aucun possibilité de switcher entre PAL et NTSC.

La déception se fait sentir. Sur le papier, l’A7s avait toutes les cartes en mains pour devenir un gros acteur du champ de bataille de cette année. Un concurrent sérieux du GH4 qui truste déjà toutes les ventes (aux USA, le nombre de précommandes du GH4 a déjà dépassé le nombre de vente du GH3). Mais là, les limitations sont trop conséquentes et font du boîtier un argument peu crédible face à la concurrence. Zoné, cantonné au 50Mbits en interne, Full-HD, 8bits en sortie au lieu de 10. Même s’il a au moins le mérite sinon d’annoncer, au moins d’amorcer, la sortie d’enregistreurs 4K HDMI, l’ascenseur émotionnel est rude.

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Sur le salon, un seul Alpha7s est disponible à l’essai au fond d’un stand SONY qui se trouve déjà dans un recoin du salon. Quelques boîtiers non fonctionnels sont disponibles pour une prise en main sur un comptoir face aux F5 et F55. La cohabitation est aussi étonnante qu’appréciable, elle traduit la volonté entamée de la société de fusionner tout son département image. L’Alpha 7s est donc un véritable outil professionnel, mais que l’on ne mettra quand même pas trop en avant sur un salon de professionnels. Équipé d’un Zoom f/4, le petit boîtier se tient donc dans la pénombre, légèrement en retrait. Quelques exposants timides nous laissent l’approcher et le manipuler. Le boîtier est relié via HDMI sur un écran 4K.

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Quelques montées en ISO plus tard, le résultat est extraordinaire. À 32000 ISO l’image est étonnamment propre! Et possède une chaleur particulière qui plus est. Quel monstre… De quoi ouvrir un boulevard sur les tournages de nuit.
Fonctionnalités limitées, ergonomie qui ne me plaît pas, l’A7s me fait pourtant de l’oeil. C’est dire combien les potentialités en basses lumières sont réellement extraordinaires. Moi qui suis toujours très réservé à la manipulation des ISO, je dois dire que le système fait ses preuves dès aujourd’hui. L’image, chaleureuse et douce possède un léger manque de définition que pour ma part j’apprécie assez. C’est une esthétique d’image qui se détache de l’ensemble du parc 4K, et même si l’on ne sait pas si c’est volontaire de la part de SONY, le maigre aperçu que j’ai du boîtier me hante déjà.

Le Sony Alpha 7s devrait être disponible cet été pour un tarif tournant autour de 1600$.

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Un commentaire »

  1. Merci pour cet article (et pour les suivants, j’imagine).
    Pour avoir tenté d’expliquer la présence d’un Leatherman oublié au fond d’un sac à dos à Roissy il y a quelques années, je te confirme que les douaniers sont les gens les moins funs de la planète, quelque soit leur pays d’origine !!!

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